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Workshop Intelligences Artificielles Publiques : Restitution

 

Workshop Intelligences Artificielles Publiques : Restitution

La Métropole de Lyon explore depuis plusieurs années les opportunités de services appuyés sur l’open data. La conception d’outils d’analyse profonde de ces données et de systèmes dits “apprenants” (deep learning) permet de consolider 3 champs de développement d’intérêt général :
- l’analyse prédictive et l’aide à la décision
- les plateformes de services et les environnements intégrés
- les systèmes d’accompagnement au changement et les outils sociaux / d’intelligence collective

Mais au delà de la production ou de l’amélioration de services, l’IA renforce deux axes méthodologiques fondamentaux pour la collectivité.

Premièrement, elle développe la capacité d’innovation en offrant un élément de rupture créatif et un cadre de réflexivité. En effet, de nouveaux modèles d’organisation et d’interaction voient le jour, à l’échelle d’un transport, d’un bâtiment ou d’un territoire permettant de dépasser par son point de vue holistique les équilibres ou les blocages établis.

“(...) De plus, elle priorise la question de la gouvernance en mettant les bénéficiaires et les utilisateurs au centre de nouveaux services organisés par 3 clefs : la confidentialité des données, la réciprocité, le besoin d’un tiers de confiance.” - Patrick Vincent, Innovative Project Manager

Erasme a ainsi développé, en partenariat avec le DSAA de Villefontaine, un sprint d’innovation ouverte qui a engagé du 12 au 30 mars des acteurs aux disciplines variées. Ils ont connecté ces opportunités technologiques au travail des directions de la collectivité afin d’imaginer des réponses concrètes aux problématiques apportées par les chefs de projets.

Les partenaires du Workshop : le DSAA de Villefontaine, Epitech Lyon, l’École Centrale de Lyon, le Tubà.

Entre découverte des iA, processus créatif, et rushs de dernière minute, découvrez les temps forts du Workshop I.A Publiques !

À LA DÉCOUVERTE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Les conférences

12 mars, jour d’ouverture du workshop, à l’urbanLAB. La journée commence par quatre conférences sur le thème des Intelligences Artificielles. Dans le public : des étudiants, des professionnels, et surtout des curieux. Ces conférences, données par des acteurs de renom dans ce domaine, fonctionnent alors comme une mise à niveau, pour tous, sur les IA. Christine Solnon y parle de « data analyse », Katherine Evans nous questionne sur des aspects éthiques, Lynn Cherny nous parle des « learning machines » et enfin, Eric Fache nous met en garde contre les limites des IA.

"Nous sommes responsables de nos choix d’implémentation de l’#iA. Si elle ne fonctionne pas dans le milieu où nous l’avons placée, c’est de notre faute" – Katherine Evans

Si la plupart des personnes présentes ressortent de ces conférences mieux renseignées sur les usages des IA, elles n’en restent pas moins curieuses. Certes, on connaît désormais les différents contextes d’utilisation de ces technologies, mais concrètement, comment fonctionnent-elles ?

Les ateliers

Afin de répondre à cette question, quatre ateliers participatifs sont organisés l’après-midi. Le public du workshop découvre ainsi le fonctionnement interne des algorithmes de l’intelligence artificielle.
Tour à tour, les participants se mettent dans la peau d’un chatbot ou d’un naufragé du Titanic, font de la musique avec les données de leur webcam ou apprennent le recyclage avec une IA. Ces mises en situations, imaginées par les intervenants d’Erasme et de Centrale Lyon, permettent aux étudiants et aux curieux de comprendre, de manière ludique, les dessous de ces systèmes technologiques.

Cela permet d’ores et déjà aux étudiants du DSAA Villefontaine et d’Epitech d’imaginer comment ils vont pouvoir s’approprier ces technologies dans le cadre de leur projet.

"Pour être acceptée, l’iA doit avoir un rayonnement beaucoup plus large que celui de la seule interaction. Ce n’est pas le soulagement de la tâche qui produit l’acceptation de l’intelligence, c’est la quantité et la nature de ce qu’elle produit." – Eric Fache

DES PROBLÉMATIQUES COMMUNES

Au commencement de cette seconde journée, les étudiants ont formé leurs équipes et les contraintes techniques ont été posées. Tout le monde se familiarise avec l’urbanLAB, ses ressources et son environnement de travail si spécial.

Il est désormais temps de découvrir l’aspect théorique et social de chaque projet. Pour cela, les équipiers thématiques interviennent pour présenter les problématiques auxquelles leurs équipes devront répondre : fluidification du trafic routier, interprétariat auprès des personnes migrantes, apprentissage de la musique, dialogue au travail, lecture simplifiée des compteurs d’eau et d’électricité.
Les participants doivent maintenant trouver par quel moyen les IA pourraient aider les citoyens à passer outre ces contraintes du quotidien.

“On s’est demandé, avec l’équipe d’Erasme, si les outils numériques ne pouvaient pas constituer un levier pour mobiliser et impliquer davantage un apprenant dans son apprentissage de la pratique musicale” - Cédric Vidal, direction de la Culture de la Métropole de Lyon

Il est cependant difficile de répondre à ces sujets sans connaître le terrain d’expérimentation des futurs dispositifs. Les équipes terminent alors cette première semaine de familiarisation en se rendant sur le lieu de travail de leurs équipiers thématiques.
Visite médicale, cours de musique, découverte du service voirie de la Métropole de Lyon, des dessous de Veolia et du fonctionnement de l’ANACT (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail)…
Les étudiants reviennent quelques fois émus, parfois intrigués. Les membres du groupe Langage, en particulier, semblent marqués par les « histoires très touchantes » entendues au sujet des demandeurs d’asile. Néanmoins, tous les groupes reviennent très inspirés par ces sorties immersives. Ils mesurent l’impact que leurs dispositifs pourraient avoir dans différents milieux.

“Le fait d’avoir un tiers dans l’interprétariat, qui parfois ne traduit pas tout à fait ce qu’on veut, peut compliquer une relation directe avec l’autre, parce que on ne sait pas ce qui est vraiment dit, et la présence de ce tiers peut être gênante” - Muriel Passi-Petre, Directeur Santé et Développement Social

SCÉNARISER LES USAGES

Cette deuxième semaine est définie par la scénarisation des prototypes. Les équipes doivent désormais avoir une idée très précise du type de dispositif vers lequel elles souhaitent aller, des usages au design en passant par le rôle et la programmation de l’IA.
Pour ce dernier point, les étudiants ne sont pas seuls : ils sont rejoints par des experts numériques. Designers interactifs, créateurs informatiques et même un data scientist du Grand Lyon (Alessandro Cerioni). Ces « personnes ressources » viennent apporter leur expertise et leurs compétences au service des projets des étudiants. C’est aussi grâce à eux qu’ils espèrent présenter un projet testable lors de la restitution du 30 mars.

« Quand Martial [de la start-up Screen Club] est venu, on a vraiment apprécié le fait qu’il se soit directement emparé et projeté dans notre projet, et qu’il ait apporté de nouvelles idées » - Chloé, DSAA Villefontaine

L’implication de ces acteurs issus de différents contextes (start-ups, Métropole de Lyon) permettent aux étudiants d’aller toujours plus loin dans l’exploitation et le développement de leurs concepts. Cependant, très vite, il faut passer à la phase plus concrète de prototypage.

L’EXPOSITION FINALE

Tout s’accélère lors de cette dernière semaine. Si au commencement du workshop, le niveau sonore dans le Lab était élevé, dû à l’effervescence d’échanges et d’idées, le silence nous indique que désormais, il faut se concentrer. Il ne reste que quatre jours aux équipes pour mettre en œuvre leur dispositifs. Et elles n’ont pas vraiment droit à l’erreur, puisqu’à la fin de cette semaine, une centaine de personnes viendront tester leurs interfaces !

« Ce qui est vraiment génial c’est le lien avec les ingénieurs, de mélanger les disciplines, ça permet d’avoir un mélange de compétences, pour mener le projet, qui est vraiment intéressant » - Victor, DSAA Villefontaine

Pour la partie maquettage, elles sont épaulées par l’équipe d’En Goguette et par YouFactory, le FabLab du Pôle Pixel. Le résultat ? D’étonnantes reproductions d’objets en carton, et des mises en scène très réalistes du quotidien.

C’est donc entre une salle de répétition, un cabinet de médecin, ou un appartement miniature que navigue le public, le jour de la restitution. Ils expérimentent les dispositifs en jouant, ou non, un rôle : employé devant trouver une solution pour arriver à l’heure, médecin, patient étranger, professeur de musique ou élève…

« Les iA sont amenées à être de plus en plus présentes dans notre environnement. Elles ont leur rôle à jouer si elles sont correctement utilisées et encadrées. Les hypothèses proposées ici par les étudiants vont dans le sens de la pertinence et l’intérêt collectif. » - David, professeur de design

Les projets développés sont :
- Intercitoyen, une application permettant de fluidifier le trafic en échelonnant les départs.

« Ce projet permet de prendre du recul par rapport aux problématiques qu’on a, des fois on est un peu trop concentrés sur nos problèmes, ici ça permet de tout prendre en compte » - Dimitri Marquois

- Edd-iA, un outil numérique d’aide à l’analyse et à la synthèse. Il fait office de facilitateur pour les échanges au travail.

- Interpré·taBBle, une table numérique capable d’accompagner et augmenter le dialogue entre un médecin et un demandeur d’asile.

« Ici on a vraiment l’iA au service de l’intelligence humaine. On a souvent tendance à opposer les deux mais là c’est un beau contrepied, l’iA est vraiment au service de la relation humaine » - Muriel Passi-Petre

- La Sondia, un outil pour professeur et élève d’aide à l’apprentissage de la musique. Cet assistant enregistre le cours et diffuse une représentation graphique de cet enregistrement.

- Optigy, une application qui permet de visualiser et comprendre sa consommation d’énergie.

« Le cadre du workshop est extrêmement intéressant, on a des regards très différents et on arrive à des réponses très innovantes. On est toujours plus intelligents à plusieurs que seuls, on arrive à des solutions auxquelles ni les uns ni les autres n’auraient pu penser. » - Muriel Passi-Petre

Le Workshop iA Publiques a alors permis de créer de nouveaux prototypes à destination du grand public, mais a aussi eu des effets méthodologiques.
Un des enjeux posés par l’intelligence artificielle est que le sujet peut paraître complexe et loin des contextes de travail vécus par les agents du service public. Des exemples concrets via des prototypes créés en collaboration avec des acteurs d’univers différents et réunissant toutes les compétences techniques et scientifiques permettent de réduire les à priori, d’aborder la question de l’éthique et de la gouvernance.

“Un tel challenge permet de se confronter aux solutions concrètes du machine learning dans nos missions, non pour remplacer nos savoirs faire, mais pour co-construire des solutions pertinentes.” - Christophe Monnet - Directeur Adjoint d’Erasme

Tous les acteurs ayant pris part à ce challenge ont eu une vision transformée de l’importance de l’iA dans leurs métiers et aussi de la nécessité de reconsidérer les données que nous produisons, notre aptitude à les qualifier et à les mettre en réseau, afin que l’iA apprenne efficacement des politiques publiques.

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mercredi 9 mai 2018 par Clémence Suntheary